« Les mouvements chrétiens conservateurs américains seraient en retrait aux Etats-Unis, ils cherchent dont de nouveaux territoires à évangéliser et l’Afrique leur tend ses bras », déplore le révérend d’origine zambienne, John Kapya Kaoma.
Ils envahissent donc le continent et font du
lobbying auprès de la population de certains pays particulièrement vulnérables
pour défendre la cause de l’homophobie et de la lutte anti avortement.
Un think tank progressiste basé à Boston, intitulé Political
Research Associates (PRA) dénonce les pratiques de ces mouvements. La droite
chrétienne américaine est accusée de « coloniser les valeurs africaines » et de
faire pression sur les politiques sexuelles des pays. En d’autres termes, elle
fait la promotion sur le continent africain de l’homophobie et des politiques
anti-avortement qu’elle défend aux Etats Unis. L’Ouganda où une loi anti
homosexualité est en débat, est un exemple frappant de ce qui se passe sur le
terrain. « Ils sont capables de peser de tout leur poids en Afrique où ceux qui
sont opposés à l’homosexualité sont nombreux. Beaucoup de gens croient les
affirmations de la droite religieuse qui dit que les homos recrutent dans les
écoles », déclare Kapya Kaoma, qui dans un rapport sur le sujet, dénonce les
mensonges de cette droite américaine que nombre d’Africains prennent pour
argent comptant. En 2009, il avait déjà publié the Culture Wars: U.S.
Conservatives, African Churches, & Homophobia (les guerre culturelles : les
Conservateurs américains, les Eglises africaines & l’Homophobie). Le PRA a
recueilli des données dans sept pays d’Afrique et envoyé des chercheurs au
Kenya, au Malawi, en Zambie et au Zimbabwe, note le quotidien britannique the
Guardian.
Le prêtre anglican qui pensait avoir fait échec au projet de
loi ougandais anti homosexualité datant de septembre 2009 dit avec «
circonstances aggravantes », et qui prévoit la peine de mort pour les gays et
lesbiennes qui contracteraient un mariage avec quelqu’un du même sexe, a eu la
mauvaise surprise de le voir revenir pour un nouveau débat au parlement en
février dernier. Et cela, un an après l’assassinat de David Kato.
Le militant des droits des homosexuels ougandais et
défenseur des minorités sexuelles, avait été battu à mort dans sa maison de
Kampala en janvier 2011. L’« homosexualité avec circonstances aggravantes »,
est « une définition qui comprend les relations sexuelles entre personnes
consentantes. Les dispositions draconiennes de la proposition de loi
viendraient s’ajouter à l’interdiction existante des relations homosexuelles
entre personnes consentantes – une interdiction en elle-même contraire aux
normes internationales », dénonce Amnesty international.
Parmi les groupes chrétiens concernés, fondés et dirigés par
des pasteurs extrémistes, se trouve l’American Center for Law and Justice
(ACLJ), du très célèbre télévangéliste Pat Robertson qui a établi les bases de
son mouvement au Kenya et au Zimbabwe et procède en apportant son soutien à des
hommes politiques locaux influents. Dans certains pays les mouvements chrétiens
ont l’oreille du gouvernement. L’ACLJ a été par exemple invitée par le
président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à installer des bureaux où des hommes de
lois chargés de rédiger une Constitution reflétant les valeurs chrétiennes,
reçoivent une formation spécifique, note le quotidien britannique. Les
chrétiens conservateurs influencent également les rédacteurs des Constitutions
zambienne et kényane obligés d’ y inclure le texte, « la vie commence dès la
conception ». Phrase clé du combat mené par les évangélistes contre
l’avortement.
Dans le domaine de l’avortement toutefois, il semblerait que
les mouvements chrétiens conservateurs n’aient pas le même succès que pour
l’homophobie. « Des avortements clandestins sont pratiqués sans aucun obstacle
dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne et rien n’est fait pour
poursuivre ceux qui les pratiquent », note également le rapport du révérend Kaoma.
Les Chrétiens conservateurs continuent néanmoins à faire pression auprès des
gouvernants pour que leurs pays adoptent des lois anti avortement.
Source : slateafrique

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