La Cour pénale internationale a reporté l’audience de confirmation des charges de crimes contre l’humanité retenues contre Laurent Gbagbo. Cette procédure doit permettre aux juges de savoir si les charges retenues contre l’ancien président ivoirien sont suffisamment solides pour la tenue d’un procès.
L’éventuelle tenue d’un procès de Laurent Gbagbo ne sera pas
fixée de sitôt. La Cour pénale internationale (CPI) a de nouveau décidé ce
vendredi de reporter l’audience de confirmation des charges de crimes contre
l’humanité retenues contre l’ex-président ivoirien. Prévue initialement le 13
août, la date de la nouvelle audition n’a pas été indiquée. L’audience de
confirmation des charges doit permettre aux juges de la CPI de savoir si les
preuves rassemblées contre lui sont suffisamment solides pour la tenue d’un
procès.
L’état de santé de l’ex-dirigeant est aussi en question. A
la demande de l’avocat de la défense, trois experts médicaux avaient été
désignés par la CPI le 26 juin pour procéder à un examen médical. L’objectif,
évaluer son aptitude à participer à la procédure menée contre lui, indique la
CPI dans un communiqué. Le procureur et la défense devraient rendre leurs
observations les 13 et 21 août.
Le dossier Gbagbo est difficile. La CPI le sait. Incarcéré
le 30 novembre 2011 à La Haye, Laurent Gbagbo compte encore de multiples
partisans. Ces derniers estiment être les seuls à être mis sur le banc des
accusés. Pour eux, la crédibilité de la CPI pose problème. Ils dénoncent une
justice internationale partiale. Et exigent la libération de Laurent Gbagbo et
des responsables de l’ancien régime détenus dans différentes région de la Côte
d’Ivoire.
L’équation difficile de la CPI
La CPI se trouve face à une équation difficile. Si elle
décide de juger Gbagbo, elle devra aussi traduire en justice les auteurs de
crimes contre l’humanité dans le camp Ouattara. Est-elle assez compétente pour
une affaire si complexe ? Dispose-t-elle suffisamment de moyens pour mener une
enquête équitable entre les deux parties ?
Au lendemain de la crise post-électorale de novembre 2010,
qui a fait plus de 3 000 morts, la CPI avait en effet indiqué que tous les
responsables d’exactions seraient punis. Le président Alassane Ouattara a
également promis que tous les auteurs de crimes seront traduits en justice. Le
dirigeant sait que cette étape est indispensable pour que la réconciliation
nationale puisse voir le jour. Discours qu’il a réitéré lors de sa visite en
France.
Pour les pro-Gbagbo, les actions menées par le président
ivoirien sur le dossier judiciaire sont insuffisantes. Ils dénoncent
l’insécurité qui occupe toujours le terrain dans le pays. Dans l’Ouest du pays,
viols, agressions, meurtres sont le quotidien des populations. Des exactions,
selon eux, commises par les milices du président Ouattara, dont les Forces
républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Une plainte a été déposée mardi 24
juillet contre le régime du président Ouattara pour tous les crimes de guerre
commis depuis novembre 2010. La procédure a été menée par Martine Kei Vao,
présidente de l’association des Ressortissants de Côte d’Ivoire, Alain
Toussaint, ex-conseiller de Laurent Gbagbo, et Basile Besnard, avocat au
Barreau de Paris. Ils réclament également à l’Etat Français une enquête sur ces
exactions.
Source : afrik.com

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