Des dizaines de milliers de Congolais ont manifesté, mercredi 1er août, à travers la RDC et à Kinshasa en particulier, pour protester contre la guerre dans le Nord-Kivu. Des ONG se sont également jointes à la mobilisation, avec un discours beaucoup plus offensif contre le Rwanda, suspecté de soutenir les rebelles du M23.
« S’il faut faire des pactes avec Satan, avec le diable, on
le fera ! Le Congo restera indivisible ! Non à la balkanisation ! » Eugène, 44
ans, compte parmi les milliers de catholiques qui ont manifesté pacifiquement
mercredi à Kinshasa contre la guerre au Nord-Kivu (Est) où l’armée affronte
depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23).
La « marche de l'espérance pour la paix » s’inscrit dans le
cadre d’une série d’actions que la Conférence épiscopale nationale du Congo
(Cenco) organise « pour dire non à la balkanisation, non à la guerre, et oui à
la paix », explique l’abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Cenco.
Elle devait concerner les 47 diocèses du pays mais a été d’ampleur limitée au
Nord-Kivu pour des raisons de sécurité.
Reste qu’à Kinshasa, comme à Kisangani (nord-est),
Lubumbashi (sud-est) ou Kikwit (ouest), la marche – autorisée par les autorités
et sécurisée par la police – a bien été suivie, selon l’abbé Santedi. Pour
preuve, très tôt le matin, des groupes de quelques dizaines à plusieurs
centaines de personnes, dont des enfants, ont défilé sur les artères de la
capitale congolaise pour regagner l’un des quatorze points de rassemblement.
Pillage des ressources
Pour beaucoup vêtus de pagnes aux slogans religieux, les
catholiques avaient en main une bible, un chapelet, un rameau de paix, une
vierge Marie… et souvent un bandeau blanc noué autour de la tête. « C’est un
symbole qui montre que nous sympathisons avec nos frères et sœurs qui tombent
tous les jours à l’Est. On ne veut pas la balkanisation mais on le demande dans
la paix », explique un marcheur, avec un léger sourire.
« Nos frères de l’Est souffrent et chacun doit apporter son
soutien pour que la paix revienne dans notre pays, et plus particulièrement à
l’Est », commente Eddy-Michel, la trentaine. « Notre pays est agressé, il y a
des rébellions qui ont trop duré et nous pensons qu’il faut que cela cesse ! »
tempête de son côté Cyprien, 58 ans, qui dénonce, comme bien d’autres, le «
pillage » des ressources minières des Nord et Sud Kivu.
Kagamé dans le viseur
À ce titre, la teneur des calicots et des pancartes était
éloquente : « Non à la balkanisation de la RDC », « Congo uni, Congo fort », «
La RDC est indivisible, levons-nous et marchons »… Sur leur parcours, les
fidèles, qui ont observé une minute de silence, ont chanté des textes bibliques
avec plus ou moins de vigueur, et marqué des pauses pour prier – sous le regard
curieux de badauds qui, en ce jour férié, n’étaient cependant pas nombreux.
De son côté, la Nouvelle société civile congolaise (NSCC),
une ONG de défense des droits de l’Homme, n’a pas pris de gants. Elle a dénoncé
directement le Rwanda, qui dément depuis le départ tout soutien au M23, alors
que pleuvent les accusations de l’ONU, de plusieurs ONG et récemment même du
chef de l’État congolais, Joseph Kabila.
« La NSCC dit non aux négociations avec les bandits de M.
Paul Kagamé. (…) Notre combat, protéger l’intégrité de la RDC dans ses
frontières de 1960 », indiquait une des banderoles de l’ONG. Une autre
demandait « l’arrestation immédiate de Paul Kagamé et tous les terroristes du
M23 par la CPI », la Cour pénale internationale.
Awa Diallo, à Kinshasa - Jeuneafrique

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