Quatre plans sous l’ère Ahidjo. Deux plans à l’ère de Biya dont un mort-né et l’autre sans effet escompté. Que dire de l’héritage économique d’Ahidjo ? Le Cameroun avait les indicateurs sociaux et économiques les plus élevés d’Afrique. Le Pib, l’espérance de vie et les salaires du personnel de l’Etat étaient élevés et le chômage faible. Les revenus du Cameroun dépendaient de plusieurs secteurs agricoles et il profitait de la hausse des prix mondiaux des denrées agricoles à la fin des années soixante-dix.
Ahidjo utilisait ces revenus dans les plans concertés de développement quinquennaux. Les plans quinquennaux, que ce soit en Chine, en Inde comme au Cameroun, pays émergents, étaient destinés à déterminer les objectifs du développement économique et à planifier la construction d`importants projets, la distribution des forces productives et les importants rapports entre les divers secteurs économiques.
En 1953, année qui a suivi la période de relèvement de l`économie (1949-1952), la Chine a commencé à exécuter le premier plan quinquennal, il en est au 11 è aujourd’hui, avec la réussite extraordinaire que l’on sait. La date du 1er avril 1956 marque une étape importante dans l`expansion indienne, puisqu`elle coïncide avec la fin du premier plan quinquennal et le début du deuxième. Aujourd’hui le développement de l’Inde se passe de commentaires. Les objectifs agricoles sont non seulement atteints, mais dépassés, la production d`électricité est arrivée aux buts prescrits, les chemins de fer ont réalisé des progrès considérables, l`industrie a, dans son ensemble, fortement augmenté son expansion.
Selon l’économiste camerounais R. Nyom (2003, p. 7), « l`histoire, la géographie, la culture et l`agriculture du Cameroun prédisposent ce pays à d`énormes richesses aussi bien variées qu`abondantes ». Le Cameroun, au lendemain de l`indépendance adopte le système de plan quinquennal. Ces plans étaient constitués de cadres comportant des projets et programmes bien définis. Ils vont connaître un coup d’arrêt en 1986 pour les programmes d’ajustement structurels élaborés à la va-vite avec la réussite que l’on sait.
On ne le dit que très peu, mais le 1er plan quinquennal : 1960-1965 fut élaboré par F. A. Kodock, alors directeur des affaires économiques au ministère de l`Economie. Il avait pour objectif général de doubler le Pib par habitant en 20 ans. Le 2ème plan quinquennal : 1966-1971 : avait été baptisé « plan du paysan », car il mettait l`accent sur l`amélioration du niveau de vie des populations des zones rurales. La période 1971-1976 du 3ème plan quinquennal a pour principal objectif l`accroissement de la production et de la productivité agricole, ce qui explique que plus de la moitié des investissements aient été destinés aux projets agricoles directement productifs. Au 4ème plan quinquennal 1976-1981, il s’est agi d`augmenter le taux de croissance du Pib par tête d`au moins 5%. Les investissements ont été consacrés essentiellement à l`infrastructure rurale, à l`économie rurale et à l`énergie. C’est à partir du 5ème plan quinquennal 1981-1986 qu’il est décidé de donner un nouveau visage au Cameroun des années 2000, par l`augmentation du revenu réel par habitant. Mais une fois de plus, une place de choix est réservée au secteur agricole. En 1986, le Cameroun entre de plein fouet dans le tourbillon de la crise économique. Le 6ème plan quinquennal prévu pour la période 1986-1991 et baptisé « plan du Renouveau et avait pour objectif général la consolidation de l`autosuffisance alimentaire du pays » est mort-né.
La politique agricole de ces plans, sans être parfaite a permis à l`agriculture de contribuer au développement du Cameroun. Mais si l`économie du Cameroun a connu des plans quinquennaux bien cadrés au départ, mais mal gérés, ils ont incité un recours massif aux ressources extérieures. L`endettement qui en a découlé a conduit aux programmes d`ajustement sans perspectives réelles qui ont débouché sur la situation de pauvreté que nous connaissons et qui a conduit à l`initiative Ppte.
Edouard KINGUE
Oncpb, Maétur, Magzi…: Après l’espoir de développement, le désarroi du sous-développement
Dans les années 70, plusieurs structures publiques et parapubliques sont créées dans le but d’impulser le développement. De grands espoirs naissent alors au sein de la population, malheureusement très vite noyés par la dure réalité.
Les populations camerounaises, en grande majorité agricole, entrent en liesse quand l’Office national de commercialisation des produits de base (Oncp) est créé en 1976 par un décret d’Ahmadou Ahidjo. Le président de la République, après avoir définitivement écarté le système colonial de commercialisation du cacao et du café, entend plus que jamais mettre au-devant de la scène la place prépondérante des cultures de rente dans l’économie du pays. Il est donc question de réguler le secteur. Bien entendu, les agriculteurs sautent sur les toits.
Tout comme avaient apprécié les acteurs du secteur industriel quelques années plus tôt. Ahamdou Ahidjo crée, le 1er mars 1971, la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi). Organe d’accueil de promotion industrielle, il répond aux besoins de mise en œuvre de la politique de développement et d’industrialisation du Cameroun. Elle a, entre autres activités à mener, la mise à la disposition des
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