Sénégal : Le Premier ministre sénégalais et le « magot » de Habré


Accusé par ses pourfendeurs d’avoir aidé l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré à « blanchir » l’argent du trésor public de son pays qu’il a amené au Sénégal, le Premier ministre sénégalais s’est défendu.
En conférence de presse hier, Abdoul Mbaye, le Premier ministre, a avoué avoir accueilli de l’argent appartenant à Hissène Habré, ancien président du Tchad en exil au Sénégal depuis 1992. 





Pour sa défense, Abdoul Mbaye dit avoir encaissé l’argent avec l’assentiment des autorités sénégalaises d’alors et qu’en ce temps, le délit de blanchiment n’existait pas.

Habré, sauveur de Banque

Il a en effet avoué avoir accepté cet argent comme dépôt auprès de la BIAO qu’il dirigeait à l’époque. Selon lui les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs du délit de blanchiment d’argent.

«La loi contre le blanchiment d’argent au Sénégal date de 2004 et on parle de faits qui se sont déroulés en 1990. Le blanchiment n’existait pas avant. Ce que l’on me reproche ne correspond pas à ce qui est défini par la loi. De l’argent qu’on blanchit ne passe pas par la banque centrale.»
Cette affaire a été révélée par la lettre du continent dans son édition n°645 du 25 octobre 2012. Abdoul Mbaye a assuré qu’il avait l’aval de l’Etat du Sénégal.

« En tant que banquier à la recherche de dépôt, j’ai accepté cet argent pour sauver la BIAO qui était dans une situation catastrophique. Les autorités du Sénégal ont accueilli Hissène Habré. Il est arrivé au Sénégal avec de l’argent en Francs d’Afrique centrale qu’il a cherché à déposer auprès des banques sénégalaises. Et plusieurs banques ont accueilli l’argent d’Hissène Habré. Cet argent a été changé à la banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Pourquoi, je n’accepte pas un dépôt qui n’a aucun problème avec l’assentiment des autorités sénégalaises, après avoir quand même fait ce petit contrôle», déclare M. Mbaye.

Poursuites judiciaires

Les déclarations du Premier ministre sénégalais n’ont pas convaincu le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO). Alioune Tine n’est pas du tout convaincu par le Premier ministre.

« On le sait très bien, cet argent n’est pas d’origine licite. C’est l’argent du peuple Tchadien que détient Habré. Je pense que la réponse duPremier ministre ne satisfait pas totalement l’opinion. Aujourd’hui, les gouvernements pourraient faire le gel des avoirs, pour le rapatriement des biens mal acquis. La manière dont cet argent a été recyclé pose problème »
Le site rewmi.com révèle que des Ong tchadiennes veulent ester en justice contre Abdoul Mabye lqu’il accuse du délit de blanchiment d’argent. Ces ONG veulent le faire comparaitre devant le tribunal spécial chargé de juger Habré.

La presse sénégalaise a également largement commenté cette affaire. L’Observateur barre sa une du titre: « Abdoul Mbaye Premier sinistre. Le Quotidien indique pour sa part: Soupçons de blanchiment d’argent: Les mauvais contes d’Abdoul Mbaye. Le journal Enquête annonce: « Abdoul Mbaye, fuite en avant ».

Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis la chute de son régime en 1990, après huit ans au pouvoir. En 2005, Bruxelles avait émis un mandat d’arrêt contre Hissène Habré à la suite d’une plainte déposée en 2000 par un Belge d’origine tchadienne en vertu d’une loi belge dite de « compétence universelle » pour les crimes de Droit international.

Le Sénégal avait accepté en 2006 de juger M. Habré à la demande de l’Union africaine (UA), mais n’a jamais organisé de procès.
Finalement L’Union africaine (UA) et le Sénégal ont signé en 2012 un accord portant sur le jugement d’Hissène Habré par un tribunal spécial à Dakar pour des crimes commis au Tchad. Le ministre de la Justice du Sénégal a annoncé que l’ancien dictateur tchadien sera jugé avant fin 2012.
Source : slateafrique

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