Le Congrès général national vient d’adopter une loi qui
condamne le rapt et la torture. Une décision prise en catimini suite à
l’enlèvement d’un des conseillers du Premier ministre Ali Zeidan.
Une loi « criminalisant la torture, le rapt et la
discrimination » en Libye a été adoptée mardi à la majorité par le Congrès
général national (CGN), l’Assemblée libyenne. Il s’agit, selon Ibrahim
al-Faryani, député de l’Alliance des forces nationales, « d’un pas important
vers l’instauration des droits de l’Homme et le respect des libertés ». La loi
s’appliquera également, à en croire le porte-parole du CGN Omar Hmeidan, lors
d’une conférence de presse, à tous les responsables politique, administratif ou
commandant militaire.
Avec la prolifération des armes dans le pays et
l’illégitimité des milices, Omar Hmeidan confie que « la mise en œuvre de cette
loi est une tâche ardue », rapporte la Tribune de Genève. Il appelle la société
civile à s’investir pour le respect de cette loi.
Le projet de loi a été voté quelques jours après
l’enlèvement le 31 mars de Mohamed Ali al-Ghattous, l’un des conseillers du
Premier ministre Ali Zeidan. Quelques jours auparavant, des menaces de mort et
d’enlèvement avaient été proférées contre le gouvernement libyen. De sérieux
doutes planent sur les milices (ex-rebelles contre le régime Kadhafi, ndlr). En
effet, une semaine avant le rapt, des miliciens s’étaient introduits dans le
bureau du Premier ministre, exigeant son départ pour avoir demandé l’aide de
forces étrangères pour mettre hors de portée de nuire les groupes armées.
Une situation critique
La guerre en Libye a certes permis de détrôner Mouammar
Kadhafi, mais l’intervention franco-britannique est à ce jour encore lourde de
conséquences. La commission des droits de l’homme (CGN) tire la sonnette
d’alarme et attire l’attention de la communauté internationale sur la situation
des droits de l’homme en Libye. Le CGN fait également état d’enlèvements,
d’assassinats et d’un recours « quasi-systématique » à la torture par des
milices.
Human Rights Watch (HRW) s’inquiète pour une Libye «
toujours en proie à de graves violations des droits de l’Homme, y compris les
arrestations arbitraires, la torture et les décès en détention, près d’un an et
demi » après la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des détenus
libyens appartiennent aux forces de sécurité de l’ancien régime. Parmi les
prisonniers, se trouvent également, selon HRW, d’anciens responsables
politiques et des présumés mercenaires étrangers ou subsahariens.
Des milices rebelles
De nombreuses personnes sont retenues prisonnières de façon
arbitraire par les milices. Le ministre de la Justice Salah al-Marghani a
appelé les miliciens à se placer sous l’autorité de son ministère. Il a
également jugé illégitime les milices qui exploitent illégalement les prisons.
Ces déclarations lui ont valu d’être encerclé dans son ministère le 31 mars par
des dizaines de miliciens.
Deux ans après le conflit en Libye, le pouvoir en place
n’est toujours pas parvenu à placer sous contrôle les milices formées à
l’époque pour la lutte contre Mouammar Kadhafi. Paradoxalement, ces mêmes
milices sont fréquemment appelées par le gouvernement pour maintenir l’ordre
dans certaines zones sensibles du pays.(afrik.com)

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