Le président soudanais Omar el-Béchir a annoncé lundi la libération de tous les prisonniers politiques dans le pays, dans un contexte de baisse des tensions après de récents accords avec le Soudan du Sud.
"Nous annonçons aujourd'hui une décision de libérer tous
les prisonniers politiques et renouvelons notre engagement, auprès de toutes
les forces politiques, en faveur du dialogue", a déclaré M. Béchir dans un
discours à l'ouverture d'une session parlementaire.
"Nous confirmons que nous allons continuer à communiquer
avec toutes les forces politiques et sociales, sans exclure personne, y compris
ceux qui sont armés, en vue d'un dialogue national qui apportera une solution à
toutes les questions", a ajouté le président, au pouvoir depuis 23 ans.
Cette annonce fait suite à l'invitation à un dialogue pour
élaborer une nouvelle Constitution, lancée la semaine dernière par le
vice-président Ali Othmane Taha aux partis d'opposition ainsi qu'aux rebelles
qui combattent les forces soudanaises au Kordofan-Sud et au Nil bleu.
Dans sa première conférence de presse en deux ans, M. Taha,
souvent présenté comme un successeur potentiel de M. Béchir, a laissé entendre
que l'amélioration des relations avec le Soudan du Sud avait permis une
ouverture en direction des rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire
de libération du Soudan (SPLM-N), que le Soudan accusait Juba de soutenir.
Le Soudan a besoin d'une nouvelle Constitution pour remplacer
celle de 2005 basée sur l'accord de paix qui avait permis la sécession du
Soudan du Sud en juillet 2011 après 23 ans de guerre civile entre Nordistes et
Sudistes.
Mais le SPLM-N, de même que l'Alliance de l'opposition
soudanaise, qui rassemble une vingtaine de partis d'opposition, ont rejeté
l'invitation.
"Nous ne voyons rien de nouveau dans cet appel", a
affirmé Farouk Abou Issa, chef de l'Alliance de l'opposition. Et Bachir Adam
Rahma, un responsable du parti du Congrès populaire (opposition), a fait valoir
que "la junte" gouvernementale était coutumière de ce type d'appel
vain, alors que seul un gouvernement de transition incluant l'opposition
pouvait mener le dialogue.
Le chef du SPLM-N, Malik Agar, a estimé que M. Taha avait
lancé son invitation au dialogue "à des fins de politique intérieure"
et que l'appel était "trompeur pour les Soudanais, et dans une certaine
mesure, pour la communauté internationale".
L'armée et le SPLM-N s'affrontent au Kordofan-Sud et au Nil
bleu, deux régions frontalières avec le Soudan du Sud où Khartoum cherche à
affirmer son autorité depuis la partition de juillet 2011 à l'issue de deux
décennies de guerre civile.
Les combats meurtriers ont poussé plus de 200.000 personnes à
la fuite, et M. Béchir, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale
internationale pour génocide au Darfour (ouest), a longtemps refusé toute
négociation avec les rebelles.(Slateafrique)

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