Les vents mauvais du business des pirates somaliens


 



Un rapport de la Banque mondiale révèle l'ampleur des revenus de la piraterie dans le Golfe d'Aden, même si l'activité des pirates a chuté.Certes, il ne s’agit que d’estimations, mais les chiffres sont éloquents. Dans un récent rapport sur la piraterie dans le Golfe d’Aden, la Banque mondiale fait savoir que, depuis 2005, les pirates somaliens ont récolté entre 315 et 385 millions de dollars de rançon.

 

 
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En dépit du volontarisme des Nations unies, qui ont adopté treize résolutions afin de sécuriser la région, les attaques de navires entre la mer Rouge et l’océan Indien auraient même représenté un manque à gagner de près de 18 milliards de dollars pour l’économie mondiale.

Pour symbolique qu’elle puisse être perçue, l’action diplomatique a cependant  largement contribué à juguler la fréquence des assauts. Tandis que les côtes somaliennes ont fait l’objet de plus de 200 attaques en 2011, le chiffre a été ramené à 75 pour l’année 2012, comme le souligne The Economist. Afin de maîtriser ce carrefour du commerce international, canal majeur de l’approvisionnement en pétrole, 40 Etats se sont impliqués dans les opérations de sécurité à travers les forces navales de l’Union européenne en Somalie, le groupe naval de l’OTAN, et la force navale multinationale Combined Task Force 151.

Malgré  le relatif succès de la lutte contre la piraterie menée par la Somalie, la stabilité du pays demeure précaire. Il demeure sous perfusion de l’aide internationale et ses institutions sont toujours prises en étaux entre le séparatisme du Somaliland au nord et l’activité des Shebabs au sud. Le morcellement du territoire est doublé d’une crise institutionnelle et d’un déficit criant de services publics. Une situation qui favorise la résilience des réseaux criminels et leur report sur d’autres zones d’action.

Le document de la Banque mondiale note ainsi qu’«alors que la piraterie pourrait effectivement être éradiquée, le bouleversement économique afférent pourrait entraîner la résurgence de violences entre les différents groupes concernés mettant en péril la consolidation des institutions.»(Slateafrique)

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