Vous ne saviez sans doute pas qu'elle existait. Pourtant, la police new-yorkaise a annoncé mardi qu'elle avait fermé son unité secrète chargée d'espionner la communauté musulmane de la ville. Le but de celle-ci, créée après le 11 septembre 2011, était de prévenir une potentielle menace terroriste.
Voici plus de douze ans qu'elle espionnait la vie de la communauté musulmane de New York. C'est désormais terminé. Mardi 15 avril, la police new-yorkaise a annoncé qu'elle mettait fin aux activités de son unité spéciale chargée de la surveillance des "endroits banals où un terroriste aurait pu se fondre", selon les termes du New York Times.
Lieux de culte, restaurants, librairies, magasins… Cette équipe de douze personnes a non seulement espionné la vie de la communauté musulmane de la ville mais a également procédé à des infiltrations, dans des mosquées ou des associations d'étudiants, pour prendre des photos, relever des plaques d'immatriculation... Elle aurait ainsi particulièrement suivi, selon le quotidien new-yorkais, les endroits où les Albanais jouent aux échecs, où les Égyptiens regardent des matchs de football et où les Asiatiques jouent au cricket.
Aucune enquête ouverte
Problème, ce travail minutieux a fini par ne plus passer inaperçu. En juin dernier, plusieurs associations parmi lesquelles l'ACLU, association américaine de défense des droits civiques, avaient porté plainte contre l'ancien maire Michael Bloomberg et l'ex-chef de la police Ray Kelly.
"La fermeture d'une unité de la police qui ciblait les musulmans de New York et documentait leurs institutions et activités quotidiennes est un premier pas bienvenu", a déclaré mardi soir Donna Liberman, directrice de la NYCLU, antenne new-yorkaise de l'ACLU. "Nous espérons que ses activités discriminatoires ne seront pas reprises par d'autres parties de la police de New York", a-t-elle ajouté. Le maire actuel, Bill de Blasio, s'est réjoui quant à lui de cette décision en estimant qu'il s'agissait d'un "pas capital pour réduire les tensions entre la police et les communautés qu'elle sert".
Les douze agents de cette unité "ont été réassignés à d'autres tâches, au sein du Bureau du renseignement", ont précisé les services de police de la ville, en ajoutant, dans un communiqué, qu'ils étaient largement inactifs depuis janvier et l'arrivée de la nouvelle équipe municipale.
On comprend pourquoi. En douze ans, la surveillance n'aurait, selon l'ACLU, abouti à aucune piste et, par conséquent, à aucune ouverture d'enquête pour terrorisme.( Jeuneafrique)

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