Le court-métrage « Immersion » de Frank Olivier Ndema, réalisateur camerounais, est produit en collaboration avec la chaîne du groupe Canal “A+”.

Un
thriller psychologique. On n’en voit pas beaucoup dans le paysage cinématographique
camerounais, mais le réalisateur Frank Olivier Ndema, délégué général du
Festival Yaoundé Tout Court (Rific) ose le pari. Il est actuellement en
tournage de la trilogie « Immersion », un court-métrage réparti en trois
épisodes de quinze minutes chacun. Une enquête policière en vitrine, pour en
réalité révéler le côté secret de chaque être humain. Cette personne cachée au
fond de soi, qui ressurgit en temps de grosse colère, d’immense dépression ou
de troubles mentaux. Le dédoublement de personnalité est la cible du cinéaste.
« Quand on lit à travers les lignes de cette intrigue, on se rend compte que
les gens ne sont pas toujours vraiment ceux qu’ils prétendent être »,
explique-t-il.
L’idée
a séduit la chaîne française “A+”. « Je finance et eux ils remboursent. On est
autour de 300.000 F par épisode », précise le réalisateur. Les délais sont
restreints. Frank Olivier Ndema a pour ambition de terminer le tournage des
trois épisodes avant le 15 décembre, et projeter le premier en novembre prochain,
durant les Rific. C’est au siège du Centre de formation professionnelle en
audiovisuel de la Crtv (CFPA) au quartier Ekounou à Yaoundé, que l’équipe de
Ndema a élu domicile pendant trois jours, du 4 au 6 septembre dernier, pour
tourner le premier épisode. « L’idée du CFPA d’Ekounou est venue quand
j’écrivais le scénario. Nous sommes partenaires sur certains projets, alors je
me suis dit, pourquoi ne pas utiliser son intérieur. Nous jouons avec le décor
du Centre qui se prête très bien à celui d’un commissariat », constate le
réalisateur.
Sur
le plateau, 27 personnes en moyenne se côtoient. Les acteurs, les figurants, la
script, l’ingénieur du son, la maquilleuse, les cameramen, entre autres.
L’ambiance est détendue. La maquilleuse applique les derniers coups de blush et
de fond de teint. La script transmet les directives du « boss » (le
réalisateur) dans son talkie-walkie. Les acteurs Eshu Rigobert Tamwa et Michel
Kamga répètent leur scène. Anthony Ndeuch, qui joue le commissaire Nelly,
repasse ses vêtements. « Le film se déroule en un jour, donc il faut que la
tenue soit identique à hier, au détail près », confie la script. Petite panique
donc, quand l’un des acteurs dit avoir oublié ses boutons de manchette. « On va
être obligé de recadrer », lance l’assistant réalisateur, entre deux coups
d’œil sur les rushes de la veille.
Blanche
Bana, meilleure actrice aux derniers Ecrans Noirs, est dans la peau de l’agent
Abéga. En toute complicité avec le réalisateur, elle reçoit les dernières
directives. Retiré dans une salle, au calme, Paul Steve Kouonang, qui incarne
le personnage principal : l’écrivain-tueur, est en pleine concentration. Il
s’imprègne de l’une des scènes cruciales, l’interrogatoire du suspect. Après la
concertation, ces passionnés de cinéma rentrent dans le vif du sujet. « Silence
! On tourne ! Action ! » Le film est lancé. Dans quelques mois, les résultats
du tournage. “A+” a décidé de diffuser la trilogie dès janvier
2016.
@camerountribune
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