L'économie mondiale et la place de l'Afrique



La croissance économique mondiale est passée de 2,5 % en 2015 à 2,3 % en 2016, un fléchissement reflétant la croissance modérée de la formation brute de capital fixe (investissement) et des dépenses de consommation finale des ménages. La croissance s’est ralentie aux États-Unis (passant de 2,4 % en 2015 à 2,2 % en 2016).









ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE MONDIALE ET CONSÉQUENCES POUR L’AFRIQUE

 Elle est restée stable dans la zone Euro (1,7 %) et a continué sa décélération en Chine (passant de 6,9 % à 6,4 %). La contraction de l’activité économique au Brésil (3,8 % en 2015 et 3,4 % en 2016) et en Fédération de Russie (3,7 % et 1,9 %) a été moins forte ou importante (encadré 1.1).
Les perspectives de croissance mondiale restent modérées en raison de la faiblesse chronique des fondamentaux économiques, principalement dans les marchés émergents et les économies en développement, essentiellement due au recul des prix des produits de base, à la diminution des investissements, à la contraction du commerce, à la faiblesse de la demande et à une inflation en hausse.

La baisse des prix des produits de base depuis 2014 a pesé sur le compte des opérations courantes et les recettes publiques, ainsi que sur les monnaies nationales, et créé des tensions inflationnistes

L’Afrique a enregistré son taux de croissance le plus bas de la décennie, 1,7 % en 2016 contre 3,7 % en 2015 ; il est inférieur au taux de croissance mondial (2,3 %) et à celui de la plupart des autres régions en développement.

L’activité économique mondiale est restée fragile en 2016 : les économies avancées ont éprouvé des difficultés à accélérer la croissance et de nombreux pays exportateurs de produits de base ont souffert de la détérioration des termes de l’échange. Les perspectives sont sujettes à de grands risques de fléchissement, notamment le ralentissement de l’économie chinoise, les risques et les tensions géopolitiques, ainsi que l’aggravation des problèmes macroéconomiques des pays exportateurs de produits de base si les termes de l’échange leur restent défavorables.
La croissance mondiale reste molle et les marchés du travail se sont lentement rétablis L’économie mondiale a ralenti d’environ 2,5 % en 2016, dans un contexte de faible demande globale dans les pays avancés, de difficultés économiques accrues dans les pays exportateurs de produits de base et d’instabilité politique.

Les perspectives semblent plus positives car la croissance devrait légèrement s’accélérer et passer à 2,7 % en 2017 grâce à l’amélioration de la performance des pays émergents et à l’accélération de la croissance dans les économies avancées, autant de facteurs qui pourront compenser la décélération qui se poursuivra probablement en Chine. Les risques de fléchissement restent liés aux tensions géopolitiques, à l’érosion de la confiance en l’efficacité des instruments politiques, à une décélération de l’économie chinoise plus forte que prévue, à un impact plus marqué que prévu des incertitudes entourant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (Brexit) et aux mesures non encore confirmées de la nouvelle administration des États-Unis.
La croissance économique dans les pays développés est passée de 1,9 % en 2015 à 1,8 % en 2016 et devrait tourner autour de 1,9 % en 2017. Dans les pays en développement, elle se maintient à 3,8 % en 2016 dans la mesure où les prix des produits de base se sont quelque peu rétablis et le flux des capitaux s’est intensifié, en particulier vers le Brésil et l’Inde.
Le chômage mondial s’est fixé à 5,8 % en 2016, principalement en raison de l’amélioration du marché du travail dans les économies avancées, malgré les difficultés rencontrées par plusieurs pays émergents dont le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud (OIT, 2016). En 2017, ce taux devrait diminuer légèrement et retomber à 5,7 %, même si le nombre absolu de chômeurs est susceptible de dépasser 200 millions.
Résultat de recherche d'images pour "économie en afrique"









L’Afrique a subi les conséquences de la faiblesse générale de l’économie mondiale en 2016 (l’Europe est le principal partenaire commercial du continent). Le ralentissement en Chine, ainsi que sa réorientation d’une économie basée sur l’investissement vers une économie basée sur la consommation a affecté de nombreux pays africains, directement par la chute de la demande et, indirectement, par la baisse des cours mondiaux des produits de base. Des pays comme l’Afrique du Sud et le Nigéria, qui ont des liens commerciaux et d’investissement plus étroits avec l’Union européenne, et avec le Royaume-Uni en particulier, pourraient être plus touchés (compte tenu des incertitudes nées du Brexit).

L’inflation est restée basse
Indexée sur l’évolution des prix à la consommation, l’inflation mondiale s’est stabilisée à 0,7 % en 2016 dans les économies avancées et à 4,5 % dans les économies émergentes et en développement (contre 0,3 et 4,7 % en 2015, respectivement).
De nombreuses grandes économies ont maintenu ou renforcé les mesures monétaires accommodantes, tandis que plusieurs pays en développement resserraient leurs politiques monétaires afin de désamorcer les tensions inflationnistes.
Les déséquilibres budgétaires se sont aggravés dans les pays à revenu intermédiaire et les pays émergents
Le déficit budgétaire global a fléchi à environ 3,6 % en 2016, mais bien au-dessus des 2,9 % enregistrés en 2013-2014.
Les légères améliorations enregistrées dans les économies avancées ont été surpassées par les difficultés rencontrées dans de nombreux pays à revenu faible et les économies émergentes suite à la baisse des cours du pétrole et des matières premières, à la montée des tensions politiques et à la prudence des investisseurs (FMI, 2016a). De 4,5 % en 2015, le déficit budgétaire de l’ensemble des pays émergents s’est creusé (4,7 % en 2016), devenant pire qu’avant la crise financière mondiale de 2008-2009. En 2017, le déficit budgétaire mondial devrait baisser de 0,5 point de pourcentage et retomber à 3,1 %, contre 3,6 % en 2016.
La faiblesse générale de l’économique mondiale en 2016, et en particulier le ralentissement en Chine, ainsi que sa réorientation d’une économie basée sur l’investissement vers une économie basée sur la consommation, a affecté de nombreux pays africains, directement, par la chute de la demande, et indirectement, par la baisse des cours mondiaux des produits de base.

Les prix mondiaux des produits de base ont connu une remontée partielle
Les prix des produits de base répertoriés par le Fonds monétaire international (FMI) dans son indice des prix de produits de base ont entamé une remontée au premier semestre de 2016, après avoir atteint leur niveau le plus bas en janvier 2016 (83,05), reflétant ainsi l’effet combiné de l’abondance de l’offre mondiale, de la faiblesse de la demande et du raffermissement du dollar. La remontée s’est poursuivie, atteignant 114,69 en décembre 2016 (FMI, 2016b). En 2017, les prix mondiaux des produits de base ne devraient pas remonter davantage étant donné que l’équilibre entre l’offre et la demande ne devrait pas beaucoup changer.
En janvier 2016, l’indice mondial du pétrole brut est remonté de son niveau de 56,05, à la faveur de la croissance de la demande en Europe et en Chine, de la chute de la production américaine et des difficultés d’approvisionnement rencontrées dans plusieurs pays. L’indice des prix des métaux lourds s’est stabilisé autour de 120 points au cours du troisième trimestre de 2016. Après la mobilisation du début de 2016 sur le réajustement de l’offre, la chute des prix du cuivre, du nickel et de l’uranium a été largement compensée par l’augmentation des prix de l’aluminium, du minerai de fer et du zinc. Les prix des produits alimentaires et agricoles ont augmenté après le premier trimestre de 2016. L’indice des prix alimentaires est passé de 139,68 en mars 2016 à 145,33 en décembre 2016, et l’indice des prix des produits agricoles de 109,57 à 117,24 pour la même période.






La croissance du commerce mondial et les investissements directs étrangers sont restés faibles
En 2016, la croissance du commerce mondial devrait fléchir à 1,8 % par rapport aux 2,4 % enregistrés l’année précédente (DAES DE L’ONU, 2016b; OMC, 2016). L’Europe de l’Ouest a été le moteur de la croissance du commerce mondial, les économies asiatiques, la Chine en particulier, n’ayant enregistré qu’une légère progression. L’évolution des termes de l’échange a été plus favorable aux économies développées – avec une augmentation de 1,1 % en 2016 après une hausse de 1,9 % en 2015, contre une baisse de 2,3 % en 2016 après une contraction de 3,9 % en 2015-2016, respectivement dans les pays émergents et en développement. De nombreux pays de ce dernier groupe sont tributaires des exportations de produits de base.
En 2016, les investissements directs étrangers (IDE) devraient avoir chuté de 15 % à cause de la faiblesse de la demande mondiale, des inquiétudes sur les perspectives de nombreux pays émergents, de la volatilité des marchés financiers et des appréhensions sur la robustesse de la croissance économique (CNUCED, 2016a). À moyen terme, les flux mondiaux d’IDE devraient reprendre parallèlement aux perspectives plus optimistes de la macroéconomie mondiale.

Perspectives à moyen terme et risques de fléchissement
Les perspectives à moyen terme demeurent sujettes à d’importants risques de fléchissement, compte tenu de la faible demande mondiale, de la montée des inégalités et du vieillissement de la population dans de nombreuses économies avancées. La persistance de termes de l’échange défavorables a mis en évidence les faiblesses structurelles de nombreux pays, émergents et en développement, exportateurs de produits de base. (Ces faiblesses ont été exacerbées par les politiques monétaires divergentes des économies avancées). Et avec l’amenuisement des réserves budgétaires, les autorités monétaires dans bon nombre de ces pays s’efforcent d’apaiser les inquiétudes quant à la croissance tout en gérant une inflation potentielle, le compte de capital et la confiance des entreprises.
Les risques de fléchissement auxquels l’Afrique doit faire face sont la baisse de la demande d’exportations et des flux d’IDE plus faibles que prévu. Les marchés financiers étant de plus en plus étroits et fluctuants, les économies africaines risquent de subir une hausse des taux d’intérêt et à un passif éventuel (FMI, 2016 a, c).()La baisse de la demande mondiale et des prix des produits de base indique que l’Afrique doit également diversifier son économie et y ajouter de la valeur grâce à une industrialisation fondée sur les produits de base et un accroissement de la productivité dans les secteurs agricoles et non agricoles.....
Source :  rapport économique sur l'Afrique United Nation Economic

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Chers intervenants,

Vous qui réagissez sur ce site , êtes priés de respecter certaines règles ; pas de propos à caractères : racistes, tribaux, antisémites ,xénophobes et homophobes, provocant à l’encontre des autres

Le non-respect de ces règles conduira à des sanctions ; l’effacement des messages sans avertissement et exclusion définitive du site.