C’est l’œuvre d’un réseau de suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération dénommé Dynamique citoyenne. L’exemple doit venir d’en haut !
Voilà de quoi faire sortir de nouveau de ses gongs: Issa
Tchiroma Bakary, ci-devant, ministre de la Communication, porte-parole (?) du
gouvernement. Dynamique citoyenne (Dc), réseau de suivi indépendant des
politiques publiques et des stratégies de coopération, revient sur la scène
pour demander de nouveau, l’application de l’article 66 de la Constitution.
Quatorze ans après, cette disposition qui stipule que les hauts dignitaires de
l’Etat doivent déclarer leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur
mandat ou de leur fonction, n’est toujours pas appliquée. Bien qu’une commission
de déclaration des biens ait été crée depuis 2006. Les membres n’ont pas encore
été désignés. La touche cette fois, est le lancement d’une pétition dont
l’objet est : « Campagne citoyenne pour l’application de l’article 66 de la
Constitution » ; et le président de la République interpellé au premier chef :
« Monsieur le président de la République – déclarez vos biens. L’exemple vient
d’en haut ». La pétition a été lancée hier jeudi 2 août 2012 au cours d’un
point de presse donné par le point focal de Dynamique citoyenne au siège de la
Centrale syndicale du secteur public. Jean Marc Bikoko était assisté de
Christine Andela et Jean Mballa Mballa, tous membres de DC.
Pour Dynamique citoyenne (elle compte à ce jour 162
organisations de la société civile), « les camerounais ont besoin d’un signal
plus fort que les arrestations et les procès spectaculaires en cours » et en
acceptant de se soumettre à cette exigence de la Constitution, Paul Biya
apportera la preuve de son engagement personnel tout en indiquant la voie à
suivre par tous les autres. Paul Biya est ainsi pris au mot lorsque pendant la
campagne de l’élection présidentielle de 2011, il a déclaré que « la lutte
contre la corruption va aller en s’intensifiant ». Les arrestations passées,
présentes ou annoncées, notamment celles de ses plus proches collaborateurs en
avril 2012, ne suffisent pas. Car, malgré cela, les médias continuent de
révéler des faits de détournement de fonds publics mettant encore plus à mal,
les caisses de l’Etat et que le montant des sommes évoquées est à même de
permettre l’accès aux services essentiels de base de qualité à des milliers de
Camerounais et donc de les sortir de la pauvreté.
Délai de rigueur
En paraphant cette pétition qui outre la copie physique se
trouve également sur le net à l’adresse:
http://www.petitions24.net/monsieur_paul_biya_president_de_la_republique_du_cameroun,
le signataire montre qu’il n’est plus question pour lui de rester indifférent à
cette « spoliation de notre droit au bien être ainsi qu’au dilatoire qui
entoure l’« opération épervier ». Et plus que jamais, pour tous, le principal
indicateur de la volonté de Paul Biya à lutter contre la corruption et à
protéger la fortune publique des malversations des gestionnaires, c’est la
déclaration de ses propres biens et avoirs, à l’occasion de la célébration de
la journée internationale de lutte contre la corruption le 9 décembre 2012.
Délai de rigueur ?
Nadège Christelle BOWA
Jean Marc Bikoko: «Le chef de l’Etat en déclarant ses biens
et avoirs, donnera le ton…»
Pourquoi une si longue attente, avant de réclamer la mise
en place de l’article 66 en invitant le président de la république à déclarer
ses biens ?
Nous citoyens qui nous voulons légalistes, créditons
toujours nos gouvernants de bonne foi. Nous sommes convaincus au départ qu’ils
sont là au service de la nation. C’est chemin faisant que nous nous rendons
compte qu’ils n’ont pas la volontaire politique nécessaire pour travailler pour
la nation. Parce qu’il n’y a aucune explication plausible pour expliquer qu’une
disposition prise dans la constitution en 1996, ne soit pas encore en
application en 2012. Au vu des dégâts collatéraux constatés de 1996 à
aujourd’hui, Dynamique Citoyenne s’est vue obligée, la lutte contre la
corruption faisant partie de ses missions, de monter au créneau et
d’interpeller le premier citoyenne qui est le président de la république pour
qu’il commence à déclarer ses biens. Enfin de déclencher le processus énoncé
par l’article 66 de la Constitution qui est celui de la déclaration des biens
par les hauts dignitaires de l’Etat. Ce n’est pas parce que nous avons un
problème, mais nous créditions nos gouvernants de bonne foi.
Le ministre de la Communication avait affirmé que l’Article
66 n’était pas tellement important et que le Cameroun a un arsenal juridique
pour venir à bout de la corruption. Que dites-vous ?
Il n’a rien compris ! Il peut défendre son poste par
d’autres moyens qu’en essayant de discréditer même les institutions
camerounaises. La Constitution est votée par le Parlement et promulgué par le
chef de l’Etat qui, sont des institutions. Donc, les dispositions contenues
dans la Constitution sont des dispositions qui sont au-dessus même du chef de
l’Etat, par conséquent, on ne peut pas avoir mis l’article 66 de façon
cosmétique. C’est qu’il y a un rôle que cet article doit jouer. Et pour nous,
c’est un rôle de prévention. Alors, que 16 ans après, cet article ne soit pas
encore en application, il y a problème. Et nous demandons que la Constitution
soit appliquée dans son entièreté. Donc le ministre de la Communication dans
son rôle de porte parole qu’il le veuille ou non, nous sommes en droit de
réclamer sa déclaration de biens par le Chef de l’Etat en application de
l’article 66 de la Constitution.
Pour parler du processus d’application de cet article, vous
évoquez la création d’une commission qui sera composée à la fois d’un
représentant du Senat et d’un de la Cour constitutionnelle. Pensez-vous que
cela puisse être fait d’ici là ?
Justement, c’est pourquoi Dynamique citoyenne n’a pas cru
bon d’embrayer sur la revendication de la publication du décret annoncé par la
loi de 2006 sur la déclaration des biens. Parce que, quand on voit les contours
de cette commission qui sera constituée entre autres par un représentant du
Senat et un représentant de la cour constitutionnelle, quand bien on signerait
le décret aujourd’hui, cette commission ne serait pas mise en place. Il n’y a
pas encore de Senat encore moins de Cour constitutionnelle. Nous pensons que
dans la volonté du dilatoire qui anime le gouvernement, ils veulent prendre
tout leur temps sans que l’article 66 ne soit appliquée. Donc, il n’y a même
pas une volonté d’appliquer, c’est pour cela que nous pensons que le chef de
l’Etat en déclarant ses biens et avoirs, donnera le ton pour l’application de
l’article 66. Et il l’a montré à d’autres lieux. Son discours sur le
recrutement de 25 000 jeunes diplômés n’était assis sur aucune politique en
matière d’emploi. Il a fallu que le discours soit lu pour que le ministre de
l’emploi et le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative
se démènent à mettre en place un comité et une commission pour commencer le
processus. Nous pensons que le jour où il va déclarer, ce sera un déclencheur.
S’il ne le faisait pas d’ici là ?
En tout cas ce n’est pas l’affaire de Dynamique citoyenne.
C’est l’affaire de tous les citoyens camerounais. Notre République est déjà à
genoux. Nous avons un premier ministre en prison, des anciens ministres, des
anciens secrétaires généraux et des directeurs généraux… en prison. Si le
Cameroun en est fier, à vous de répondre.
Vous parliez de dégâts collatéraux. Des précisions ?
Dans aucun pays au monde, on a vu autant d’anciens
dirigeants du pays en prison. Je ne savais pas qu’un ministre volait de
l’argent. Encore moins un premier ministre. C’est avec l’opération épervier que
je me rends compte que ceux qui ont été à des postes de responsabilité sont des
voleurs. Même comme c’est encore de la présomption parce que pour nous, on
n’est pas encore convaincu. On attend voir si c’est vraiment confirmé. C’est
dommage qu’un pays ait eu autant de hauts dignitaires comme détourneurs de
fonds publics.
D’aucuns diraient que la présence de ces hauts dignitaires
en prison est une preuve de la volonté de l’Etat de lutter contre la
corruption…
Non ! Mais comme c’est à géométrie variable… Pendant qu’on
arrête certains présumés détourneurs de fonds, d’autres convaincus même connus
par le peuple sont dehors. On nous dit même qu’à certains, on a demandé de
rembourser. Et qu’ils auraient commencé à rembourser. Sur quelles bases, il y a
discrimination dans la volonté de lutter contre la corruption.
Des noms ?
Non ! Nous ne pouvons pas avoir des noms. On sait
simplement que la rumeur court que Mendoze par exemple, il lui a été demandé de
rembourser…
Propos recueillis par NCB - Camerounlink

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