Une enquête préliminaire a été ouverte à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn par le parquet de Grasse le 2 juillet. Il est visé pour son rôle en tant que directeur du FMI en 2010 dans l’annulation de la dette du Congo alors que le pays devait au préalable rembourser des créances contentieux, dont celles de Serge Berrebi.
Brazzaville doit 18 millions d’euros
de dommages et intérêts à cet entrepreneur dont l’entreprise a été
progressivement anéantie par l’Etat congolais. Seulement, il n’a jamais été
payé. Il a décidé de porter plainte en France. Il revient pour Afrik.com sur
cette affaire.
« Je me battrai jusqu’au bout pour obtenir justice ! ».
Serge Berrebi le sait, il faut beaucoup d’abnégation pour s’attaquer à un poids
lourd comme Dominique Strauss-Kahn. Cette fois-ci, il n’est pas visé pour une
affaire de mœurs mais financière dans le cadre de l’annulation de la dette du
Congo en 2010. Il était alors directeur du Fond monétaire international (FMI).
« Lorsque je me suis attaqué à Mr. Strauss-Kahn, c’était bien avant l’affaire
du Sofitel, il avait encore 64% des intentions de vote en France ». Le parquet
de Grasse a ouvert une enquête le 2 juillet.
Les origines de l’affaire remontent à une vingtaine d’année.
Serge Berrebi, aujourd’hui âgé de 62 ans, se bat depuis 25 ans pour obtenir
justice. Cet entrepreneur français a créé une société agricole au Congo, à
Pointe-Noire, dans les années 70. Très vite, les affaires fonctionnent. Son
entreprise a été anéantie par l’Etat congolais. « Ils ont vu que la société
était florissante donc ils m’ont fait comprendre que j’étais devenu indésirable
au Congo ». Celui qui est considéré comme l’un des plus grands opposants au
président congolais Denis Sassou Nguesso, porte l’affaire devant les tribunaux.
La justice lui donne raison en 1993, condamnant le Congo à verser 18 millions
d’euros de dommages et intérêts à Serge Berrebi. Seulement, il ne verra jamais
la couleur de cet argent, sa créance sera effacée en même temps que la dette du
Congo.
Les conditions troubles de l’effacement de la dette
En désespoir de cause, il décide de déposer plainte en
octobre 2011 au parquet de Paris. Le dossier est transféré au parquet de
Grasse. Le plaignant finit par être entendu par la police judicaire en juillet
2012. La plainte s’inscrit dans le cadre de l’annulation de la dette du Congo
en 2010 par le club de Paris. Au total, 2,6 milliards d’euros de dette ont été
annulés. Serge Berrebi dénonce les conditions fallacieuses dans lesquelles
cette dette nationale a été effacée à l’initiative du FMI, alors présidé par
Dominique Strauss-Kahn, en faveur des pays pauvres très endettés (Ppte). Les
conditions de l’annulation de cette dette sont troubles car Brazzaville n’avait
pas réglé toutes ses créances contentieux, dont la sienne. C’était pourtant la
condition sine qua non pour que le Congo puisse voir sa dette annulée.
Complicité entre les proches de DSK et Sassou Nguesso
« Le FMI ne se base que sur les rapports fournis par les
pays en question qui déposent leur candidature pour l’annulation de leur dette
et non sur les rapports d’institutions indépendantes », déplore Serge Berrebi.
En l’occurrence, selon lui, les rapports établis par le Congo étaient « faux »
et « falsifiés ». Selon Serge Berrebi, « On a fait cadeau à un Etat voyou qui a
fourni de faux éléments au FMI, puisque, légalement, il n’aurait pas pu obtenir
l’effacement de la dette de son pays sans avoir au préalable réglé toute les
créances contentieux, dont la mienne. »
Le plaignant a pourtant alerté avec son avocat le directeur
du FMI. Sans succès. Il en conclut sur son blog : « Le FMI de Dominique Strauss
Kahn savait que sur 10 ans, le pétrole rapporterait près de 20 milliards
d’euros. Soit quatre à cinq fois le montant de la dette dont il venait de faire
cadeau à Sassou-Nguesso ! ». C’est pour cela que le sexagénaire, qui ne mâche
pas ses mots, parle de « rétro-charité ».
Cela ne fait aucun doute pour lui. Il existe une complicité
entre Denis Sassou Ngesso et les proches de Dominique Strauss-Kahn qui
œuvraient pour maquiller ce pays riche en pétrole et diamants en un pays
pauvre. Un moyen de faire passer à la trappe ses créances contentieux pour
annuler sa dette.
Source : Afrik

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