Un tribunal français, celui de Douai, a rejeté, jeudi 12 septembre, la demande d'extradition d'un ancien responsable militaire rwandais, Laurent Serubuga, que le Rwanda souhaitait juger pour crimes génocidaires. La cour a ordonné sa remise en liberté.
Arrivé en France en 1998, le septuagénaire, atteint d'un cancer de la
prostate selon son avocat Me Thierry Massis, faisait partie du groupe
de 11 officiers - les "Camarades du 5 juillet 1973" - qui ont aidé le
général major Juvénal Habyarimana à renverser le président Grégoire
Kayibanda, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1962. Il aurait
également été un des membres éminents de l’Akazu, le cercle restreint
des intimes de la famille Habyarimana, et tout particulièrement de
l’épouse du président défunt, et de ses frères, Protais Zigiranyirazo,
Séraphin Rwabukumba et Elie Sagatwa.
"Aucune preuve"
Promu chef d'état-major adjoint de l'armée rwandaise, Laurent
Serubuga avait été poussé à la retraite en juin 1992 mais aurait "repris
du service en 1994", selon Alain Gauthier, président du Collectif des
parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui s'est constitué partie civile
en 2007, aux côtés de la FIDH, de l'association Survie et la Communauté
Rwandaise de France, qui avaient déjà déposé une plainte, classée sans
suite en 2001.
L'avocat de Laurent Serubuga a toujours réfuté cette accusation de
planification de génocide, estimant qu'il n'y avait "aucune preuve". "Si
Laurent Serubuga est extradé, de graves menaces pèseront envers sa
personne en raison de ses origines hutues", expliquait-il également, le
13 août, ajoutant que "cette extradition ne sera pas conforme aux normes européennes des
droits de l'homme, car le Rwanda ne les respecte pas."(Jeuneafrique)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Chers intervenants,
Vous qui réagissez sur ce site , êtes priés de respecter certaines règles ; pas de propos à caractères : racistes, tribaux, antisémites ,xénophobes et homophobes, provocant à l’encontre des autres
Le non-respect de ces règles conduira à des sanctions ; l’effacement des messages sans avertissement et exclusion définitive du site.