Alors que le vieillissement du verger et des producteurs est décriée dans la filière, ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser au cacao.Richard Christian Ayi Ayi, 23 ans est parti pour être un homme d’affaires prospère.
Son fond de commerce, sa plantation de cacao. La
cacaoculture, il l’a appris pendant deux ans au Centre de formation aux métiers
agropastoraux de la commune de Mengang dans la région du Centre. Aujourd’hui,
ce natif d’Akonolinga (région du Centre) est en train de mettre en terre trois
hectares de cacao dans son village avec l’appui de sa famille. Un choix bien
dirigé, dans une localité où, dit-il, la plupart des jeunes de son âge préfère
l’activité de moto-taxi. « J’ai choisi de faire carrière dans la cacaoculture
parce que dans ma localité, on ne la pratique pas réellement », déclare-t-il.
Pour l’heure, les financements proviennent de sa mère. Mais, le jeune
entrepreneur sait déjà comment faire pour s’installer à son propre compte. « Je
veux agrandir ma plantation à 20 hectares. Pour cela, je vais associer à la
culture du cacao, le piment sur un demi-hectare et le bananier-plantain. Les
revenus tirés de ces cultures associés me permettront d’entretenir ma cacaoyère
», explique-t-il. Et de poursuivre, « J’ai envie de monter ma propre entreprise
et réduire le taux de chômage », conclut-il.
Contrairement à Richard, Daniel Obounou, la quarantaine,
producteur de cacao dans le Sud, bénéficie depuis quelques années déjà des
fruits de la cacaoculture. « J’ai commencé en 2007 et aujourd’hui, je suis
propriétaire dune cacaoyère de 10 hectares », déclare-t-il. D’après ce
producteur, il faut compter en moyenne 500 000 F pour aménager une parcelle
d’un hectare avant les semis. Des investissements qui se chiffrent à des
millions de F pour cet agriculteur qui aujourd’hui, ne regrette pas. « Les
parcelles qui sont déjà rentrées en production me rapportent annuellement, deux
millions de F. Et avec les nouvelles variétés de cacao qui sont mises à notre
disposition, je peux récolter le cacao après 18 mois », confie-t-il.
Un marché prometteur
La rentabilité du cacao, comme investissement ne souffre
plus d’aucun doute. Entre qui s’y lancent à peine et ceux qui y exercent déjà,
il y a ceux qui s’apprêtent à intégrer la filière. Ce sont généralement de
jeunes travailleurs qui entendent pratiquer la culture du cacao comme activité
d’appui à leur emploi principal. C’est le cas de Ghislain A., cadre dans une
entreprise de communication. « D’ici quelques mois, je lance ma cacaoyère. J’ai
déjà réuni tout le nécessaire et je suis décidé à y faire fortune »,
confie-t-il.
L’engouement des jeunes pour la culture du cacao ne suffit
pas encore à assurer la relève tant au niveau national qu’international. « Il y
a deux problèmes dans la filière cacao aujourd’hui. Le verger est vieillissant
et les producteurs aussi », déclarait Dr. Jean Marc Anga, directeur exécutif de
l’Organisation internationale du cacao (Icco) samedi dernier à Yaoundé. Le
forum des jeunes auquel il a pris part dans le cadre de la deuxième édition du
Festival international du cacao (Festicacao 2013) était une énième initiative
en direction des jeunes pour les appeler à s’intéresser à cette filière. « Il y
a un travail énorme de sensibilisation qui doit être fait. Actuellement, au
sein de l’Association nationale des producteurs de cacao et de café du Cameroun
(Anpcc), il y a plus de vieux que de jeunes. Nous essayons pour l’heure, de
communiquer les informations sur les perspectives du marché. Elles seront
bonnes jusqu’en 2050 et la demande est haussière », confie André Belebenié,
président de l’Anpcc.() D’après des estimations de
l’Icco, les préférences sont plus portées vers les chocolats à forte teneur de
cacao. On est passé de 35 à environ 70% de cacao dans la composition du
chocolat, ce qui crée une forte demande. De plus, dans les pays émergents, la
consommation de chocolat a augmenté. Cas de la Chine (plus d’un milliard
d’habitants) où la consommation a cru depuis les cinq dernières années.
Celle-ci ne pourra être soutenue que si les jeunes produisent la matière
première. Autre facteur incitatif, les prix. De l’avis d’experts, en produisant
du cacao de grade 1, on peut espérer le vendre au moins à 1 075 F le kilogramme
bord-champ. Si le cacao est certifié, le producteur peut le vendre à 1 100,
voire, 1 200 le kilogramme.
Josiane TCHAKOUNTE
Cacao: Il faut des producteurs plus jeunes
La 2e édition de la fête du cacao a mis l’accent sur ce
processus en vue d’accroître les rendements.
Dès l’entrée du Boulevard du 20 mai, espace réservé à
l’exposition des produits dérivés du cacao, de jeudi à samedi dernier, l’odeur
des fèves n’a laissé aucun visiteur insensible. On se serait cru dans une
chocolaterie. Normal, c’est en ces lieux que s’est tenue la deuxième édition du
Festival international du cacao (Festicacao) organisé par le Conseil
interprofessionnel du cacao et du café (CICC), sous le patronage du ministère
du Commerce (Mincommerce). Pendant trois jours, les cacaoculteurs ont su
joindre l’utile à l’agréable à travers les conférences, les débats, la caravane
et une exposition-vente. Les populations de Yaoundé, tout comme celles de
Douala, Monatélé, Kumba et Batouri ont découvert le cacao sous toutes les formes.
En effet, les transformateurs ont fait goûter le chocolat en
fontaine, le beurre, la poudre, le jus, la liqueur, le caramel, les comprimés
de cacao, etc. « C’est surprenant de voir autant de produits qui découlent du
cacao », a confié Armand E., enseignant. Occasion aussi pour les grands
producteurs de faire de bonnes affaires. En effet, tous ces produits ont été
vendus dans divers conditionnements à des prix oscillant entre 100 F et 50 000
F. A cette exposition, même le Mincommerce n’est pas resté indifférent. Luc
Magloire Mbarga Atangana, venu encourager les producteurs, a affirmé qu’« on va
dans la bonne direction. L’effort est mis dans la diversification et la
présentation des produits ».
A Monatélé, où s’est déroulée jeudi dernier la conférence
internationale du cacao sur le thème : « Jeunes, la relève », il a été question
d’intéresser les jeunes à cette culture. Bien que la demande soit bonne sur le
marché international, selon Luc Magloire Mbarga Atangana, « la filière a besoin
d’être modernisée et avec des producteurs plus jeunes pour un meilleur
rendement ». En effet, selon le CICC, l’âge moyen du cacaoculteur est estimé à
60 ans. Face à ce constat implacable du vieillissement du producteur, le
programme dénommé New Generation mis sur pied par le CICC vise le
rajeunissement durable de la force de production. Ceci à travers le soutien et
l’accompagnement des jeunes formés dans les écoles agricoles. Les experts de la
filière ont donc incité les jeunes à s’adonner à la cacaoculture. A cette
occasion, les débouchés et les opportunités de la filière leur ont été
présentés. L’implication des jeunes dans la filière permettra à coup sûr « de
produire d’ici 2020, 600 000 tonnes de cacao, 300 000 tonnes de produits issus
de la transformation, avec une amélioration de la consommation domestique et
périphérique », a conclu le Mincommerce.
Source : Camerounlink

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