Le décès de Nelson Mandela nous plonge dans l’immensité d’une tristesse à la mesure de la joie que nous avions éprouvée le 11 février 1990. Ce jour là, sur les écrans, nous étions des millions dans le monde à le découvrir. Large sourire aux lèvres et le poing levé, il transpirait la beauté et la bonté.
Fier et heureux d’une
liberté si chèrement acquise après vingt sept années de bagne à Robben Island
puis à Pollsmor. Il nous signifiait ainsi que le combat pour la justice et
l’égalité se poursuivait. Ce fut le cas avec cette persévérance inouïe dont il
fit preuve pour que se rassemblent sur un même territoire qu’il chérissait tant
les ennemis d’hier, parmi lesquels ceux qui l’emprisonnèrent et firent tant
souffrir son peuple. Sa vie toute entière est un exemple de ténacité, de
volonté, de courage, d’intelligence politique hors du commun.
Courage. C’est ce mot qui revient sans cesse à l’esprit à
l’évocation de cet homme, de ce militant, de ce chef d’Etat qui donna à la
lutte contre le racisme, contre la
ségrégation et la négation de la personne humaine une dimension universelle. Au
nom de l’égale dignité de tous les êtres humains, il a déconstruit l’ignoble
régime de l’apartheid, se refusant à cultiver la haine et l’esprit de
vengeance. Au contraire, sans relâche, il prôna la réconciliation, conscient
que toute autre voie conduirait inexorablement à un bain de sang. Mandela, restera
un grand maître pour de nombreuses générations. L’un de ces rares hommes qui
transcendent une civilisation en lui faisant accomplir un pas de géant. Alors
que le monde entier aujourd’hui pleure « Madiba », notre journal est fier
d’avoir été à ses côtés dès les premiers jours. Il n’avait pas manqué de le
saluer au lendemain de sa libération par ces mots simples et touchant: «
L’Humanité a mené une longue campagne contre l’apartheid et pour ma libération
».Nous partageons l’immense peine de ses proches, de ses
compagnons de combat, des peuples de l’Afrique du Sud et du continent africain.
Ce qu’il avait déclaré lors de sa plaidoirie au mois de novembre 1962, lors de
son procès à Prétoria, dépasse la vérité : « Je pense avoir fait mon devoir
envers mon peuple et aussi envers l’Afrique du Sud. Je suis sûr que la
postérité me réhabilitera », avait-il dit. Au-delà, Nelson Mandela est «
l’icône » de notre temps.
Toute la planète est en deuil. L’action, la vie de Nelson
Mandela resteront à jamais au fronton de l’humanité.
Depuis l'annonce de la mort du père de la Nation
arc-en-ciel, ce jeudi soir vers 22 heures, les hommages affluent du monde
entier. Extraits:
Le chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma à la télévision.
"Mes compatriotes sud-africains, notre bien-aimé Nelson Mandela, le président
fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix
entouré de sa famille aux environs de 20h50 le 5 décembre 2013. Il repose
maintenant en paix. Notre nation a perdu son plus grand fils. Notre peuple a
perdu un père. Même si nous savions que ce jour viendrait, cela n'enlève rien à
notre sens d'une perte profonde et durable. Son combat infatigable pour la
liberté lui a valu le respect du monde. Son humilité, sa compassion et son
humanité lui ont valu leur amour. (...) Souvenons-nous de ses souhaits et des
souhaits de sa famille. Lorsque nous nous rassemblons, peu importe où dans le
pays et où que nous soyons dans le monde, rappelons-nous les valeurs pour
lesquelles il s'est battu. Réaffirmons sa vision d'une société dans laquelle
personne n'est exploité, oppressé ni dépossédé de ses biens par quelqu'un
d'autre.
Engageons-nous pour avancer ensemble, sans épargner ni notre
force ni notre courage pour construire une Afrique du sud unie, non-raciale,
non-sexiste, démocratique et prospère. Exprimons chacun de nous à sa façon la
profonde gratitude que nous ressentons pour une vie au service des gens de ce
pays et défendant la cause de l'humanité. C'est effectivement le moment de
notre plus profonde tristesse, mais cela doit aussi être le moment de notre
plus grande détermination. Une détermination pour vivre comme il a vécu,
d'avancer comme il a avancé, et de ne pas nous reposer avant que nous ayons
concrétisé sa vision d'une Afrique du sud vraiment unie, une Afrique pacifique
et prospère, et un monde meilleur."
L'archevêque Desmond Tutu, autre héros de la lutte anti-apartheid:
"Au cours de 24 années (depuis sa libération, ndlr), Madiba (nom de clan
de Mandela) nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en
chacun. Il a été un unificateur à partir du moment où il est sorti de prison
(en février 1990, ndlr). Il a transcendé race et classe sociale dans son action
personnelle, par sa chaleur et sa volonté d'écouter et de compatir avec les
autres. Et il a restauré la foi des autres en l'Afrique et en les Africains.
Que va-t-il se passer si notre père est mort? Cela va-t-il plonger l'Afrique du
Sud dans la fin du monde et le désastre? Suggérer que l'Afrique du Sud pourrait
partir en flammes -comme certains l'on prédit- revient à discréditer les
Sud-Africains et l'héritage de Madiba. Le soleil se lèvera demain et le jour
d'après et encore après...Il se peut qu'il ne soit pas aussi brillant qu'hier
mais la vie continue. Alors que nous entrons dans une période de deuil, nous le
faisons, en tant que pays, avec la plus grande dignité et respect car nous le
devons à Madiba et à nous même."
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon: "Nous
devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement
pour nous efforcer de rendre le monde meilleur. Beaucoup dans le monde ont été
grandement influencés par sa lutte pour la dignité humaine, l'égalité et la
liberté. Il a eu une influence très personnelle sur nos vies. Continuons d'être
inspirés chaque jour par l'exemple de Nelson Mandela pour tenter de construire
un monde meilleur et plus juste."
Barack Obama, président des Etats-Unis: "Grâce à sa
farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté
pour la liberté des autres, il a transformé l'Afrique du Sud et nous a tous
émus".
La présidente du Brésil Dilma Rousseff: "L'exemple de
ce grand dirigeant guidera tous ceux qui luttent pour la justice social et la
paix dans le monde."
François Hollande, président de la république française:
"Le message de Nelson Mandela ne disparaîtra pas, il continuera d’inspirer
les combattants de la liberté et de donner confiance aux peuples dans la
défense des causes justes et des droits universels. Nelson Mandela aura été un
résistant exceptionnel et un conquérant magnifique. Il a montré que la volonté
humaine pouvait non seulement briser les chaînes de la servitude mais libérer
les énergies pour réussir à construire un destin commun. La France s’associe à
l’infinie tristesse du peuple sud-africain."
Pierre Laurent (PCF): "Madiba fut le premier président
de sa nation élu au suffrage universel et non-racial. Les communistes français
s'honorent d'avoir contribué dès le premier jour et sans relâche à ce qui
devint un puissant mouvement de solidarité internationale aux côtés de cette
marche vers la liberté du peuple sud-africain. La lutte contre l'apartheid,
jusqu'au boycott, et pour la libération de Nelson Mandela ont profondément
marqué l'histoire du Parti communiste français. Elle a, personnellement, été le
terreau de mes engagements de jeunesse. De l'occupation de l'Ambassade
d'Afrique du Sud, entièrement repeinte en noir pour crier la honte de ce
régime, aux grandes manifestations parisiennes, en passant par la douleur de
l'assassinat à Paris de Dulcie September, le PCF et les jeunesses communistes
ont été de tous les combats." (Humanite.fr)


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