La République Démocratique du Congo dispose d'un énorme potentiel de matières premières souvent mal exploitées qui, après les colons d'hier, attire aujourd'hui la convoitise des prédateurs et des seigneurs de guerre.
L'enjeu
géopolitique de la RDC est clair : c'est le seul pays au monde où l'on trouve
réunis tous les éléments du tableau périodique de Mendeleïev. A l’image des
pays membres de l’OPEP, la RDC est un pays très stratégique pour le
fonctionnement de l'économie mondiale et pour le développement des nouvelles
technologies.
Cette donnée
permet d'éclairer les événements qu'a traversés ce « pays-continent » de
2.345.409 km² au cours de son histoire., la République Démocratique du Congo
est au coeur de l’histoire et de la géographie du continent.
En effet, c'est au
royaume du Kongo que s'installent les Portugais, dès la fin du 15e siècle, pour
y instaurer l'esclavage, qui va se répandre ensuite en Afrique centrale et en
Afrique de l'Ouest. Après cette première période d'exploitation, se met en
place une deuxième vague coloniale, et c'est autour du Kongo, une nouvelle
fois, que s'organise la fameuse conférence de Berlin, en 1885, dont le vrai nom
est la "Kongo konferenz", dénomination qu'utilisent à juste titre les
Allemands.
C'est au Congo
qu'a lieu le plus célèbre des assassinats politiques, celui de Patrice Lumumba,
mis à mort (comme la plupart des nouveau leaders politiques souverainistes et
panafricains des années 1960) par des opposants soutenus par les anciennes
puissances coloniales qui sont hostiles
à sa nouvelle politique étrangère, orientée vers l'URSS. L’élimination physique
ou politique des leaders indépendantistes africains a ainsi dénaturé les
indépendances africaines. Certains auteurs n’hésitent pas à parler de
confiscation des indépendances en Afrique.
Aujourd'hui, la
RDC est le théâtre d'une guerre qui se trouve être à la fois la plus meurtrière
depuis 1945 (environ 6 à 8 millions de morts, sans parler des centaines de
milliers de femmes violées), et sans doute aussi la moins médiatique. C'est
également la plus grande opération de maintien de la paix de l'histoire de
l'ONU en Afrique avec un contingent de 20.000 militaires. C’est aussi l’une des
opérations les plus coûteuse pour les Nations Unies. Mais en raison des crises
économiques (restriction des budgets militaires) et d’un changement de culture
dû aux prises de risques, les puissances occidentales ne veulent plus exposer
leurs armées aux risques militaires, comme ce fut le cas lors de la Révolution de Saint-Domingue (Haiti) ou de la
guerre d’Algérie.
On envoie donc des
unités de commandement qui recrutent et forment des mercenaires religieux,
politiques, intellectuels qui ont pour mission de conquérir les zones
stratégiques des territoires convoités. Ainsi, le risque inhérent à la guerre,à
la mort, sera supporté par la population locale et par les mercenaires.
Dans cette
nouvelle guerre, il arrive parfois que les mercenaires s’émancipent des unités
de commandement et deviennent une menace militaire et politique sur une zone
très étendue. Ils tentent alors de s’autofinancer en commercialisant les
matières premières. A la différence des pirates lors des conquêtes maritimes du
15e au 19e siècle, ils opèrent sur terre et non sur mer. C'est ce qui se passe
au Congo, avec le soutien plus ou moins discret de certaines multinationales,
décidées à tirer leur épingle du jeu et en s'approvisionnant à faible coût en
matières premières.
Face à ces périls,
la Renaissance Africaine exige que l'on sorte de tous les mécanismes
d'appauvrissement savamment construits depuis les razzias esclavagistes pour
concevoir des mécanismes nouveaux, ayant pour objectif final de permettre au plus
grand nombre d’Africains d'accéder à la prospérité matérielle. C'est ce que
devrait faire l'aide internationale, mais un rapport récent publié en juillet
2014 par «www.healthpovertyaction.org»
qui est un consortium
de chercheurs britanniques et africains a démontré que l'aide apportée à
l'Afrique est six fois moins importante que la valeur des flux qui sortent du
continent. En d'autres termes, hier comme aujourd'hui, le monde n'aide pas
l'Afrique, le monde exploite l'Afrique.
Pour assurer
l'autonomie du continent, il est primordial que l’Afrique assure la sécurité de
ses frontières terrestres, maritimes et aériennes . Cela est encore plus vrai
au Congo, où les seigneurs de guerre vont et viennent, pillant et tuant, ceci
implique plus de quatorze nations depuis vingt ans. Un Congo fort est
nécessaire pour une Afrique forte. Et vice versa.
Des solutions
existent. Les pays européens, pour répondre à la menace du nazisme et du
communisme, ont mutualisé leur force militaire en créant l'OTAN avec les
Etats-Unis.
Les pays africains pourraient tout autant s'inspirer de ce
modèle qui n’est pas protégé par un brevet en créant ainsi une armée africaine
composée d’un million de militaires et d’une force spéciale mobile pour
répondre à la menace de ces mercenaires à la solde des étrangers, qui sont les ennemis de l’Afrique.
L’Année 2015 marque les 100 ans du traité de Versailles, il
serait judicieux pour les pays africains
de décloisonner les territoires et pensée à une souveraineté commune telle que
le soutenait nkwamé nkrouma.
Par Guy Samuel Nyoumsi, Vice-président du Cran (Conseil
Représentatif des Associations Noires) et président de SAF (Solidarité
Africaine de France)....www.humanite.fr

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